
Mme Belkis Bouali-L’Observatoire Economique Europe-Afrique – Agence Grand Maghreb Presse-
Interview avec Prof. Luciano Lo Celso par Mme Belkis Bouali, Rédactrice en chef du magazine Économique « L’Observatoire Économique Europe-Afrique »
Belkis Bouali : Bonjour Professeur Lo Celso, et merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, pourriez-vous nous donner un aperçu détaillé du projet « L’Africana » et son importance pour le développement du continent africain ?
Pr.Luciano Lo Celso : Bonjour, Mme Bouali. Je vous remercie de m’inviter à discuter de ce projet crucial. « L’Africana » est une initiative qui s’inscrit dans le cadre du Piano Mattei, soutenue par la loi italienne DL n.161/2023. Ce projet est né de la volonté de créer des synergies entre l’Italie et l’Afrique afin de répondre aux défis économiques et sociaux auxquels le continent est confronté.
L’objectif principal est d’établir une approche multidisciplinaire axée sur l’éducation, la formation professionnelle, et l’innovation. Nous visons à identifier et à sélectionner des migrants qui ont le potentiel de devenir des agents de changement dans leurs communautés. Ces individus bénéficieront de programmes de formation adaptés qui non seulement amélioreront leurs compétences, mais renforceront également les capacités des économies locales. En fin de compte, notre but est de créer un modèle de développement durable qui profite tant aux pays d’origine des migrants qu’aux pays d’accueil.
Belkis Bouali : C’est une vision ambitieuse. Comment « L’Africana » va-t-il influencer les dynamiques migratoires entre l’Afrique et l’Europe ?
Pr.Luciano Lo Celso : En effet, c’est une vision qui nécessite une collaboration étroite entre divers acteurs. « L’Africana » vise à transformer la perception traditionnelle de la migration. Plutôt que de la voir uniquement comme un phénomène négatif, nous voulons la présenter comme une opportunité pour les migrants de contribuer à leurs pays d’origine tout en s’intégrant dans les sociétés européennes.
En offrant des programmes de formation ciblés, nous espérons réduire les flux migratoires non régulés. Lorsque les migrants sont bien formés et disposent des compétences requises, ils sont en mesure de participer activement à l’économie, tant en Afrique qu’en Europe. Cela crée un cercle vertueux où le développement économique local en Afrique est renforcé, ce qui, à son tour, peut réduire la pression migratoire.
Belkis Bouali : Quels défis rencontrez-vous dans la mise en œuvre de ce projet, et comment comptez-vous les surmonter ?
Pr.Luciano Lo Celso : Les défis sont effectivement nombreux. D’une part, le financement est un aspect crucial. Nous travaillons à établir des partenariats avec des institutions publiques et privées, des ONG, ainsi que des entreprises qui partagent notre vision. Le soutien financier est essentiel pour garantir la durabilité de nos initiatives.
D’autre part, il est indispensable de concevoir des programmes de formation qui répondent aux besoins réels du marché du travail dans les pays d’origine des migrants. Pour cela, nous collaborons avec des experts locaux et des entreprises afin de concevoir des cursus adaptés.
Enfin, la sensibilisation des communautés d’accueil en Europe est primordiale. Nous devons travailler sur l’acceptation et l’intégration des migrants, en mettant en avant leurs compétences et leur potentiel. Cela nécessite des campagnes de communication et des dialogues interculturels pour réduire les préjugés et favoriser une meilleure compréhension mutuelle.
Belkis Bouali : L’éducation semble jouer un rôle central dans ce projet. Quelle est sa place dans « L’Africana », et quel impact envisagez-vous sur les communautés locales ?
Pr.Luciano Lo Celso : L’éducation est effectivement au cœur de notre initiative. Nous prévoyons de créer des écoles de haute technologie qui non seulement formeront les migrants, mais seront également ouvertes aux jeunes des communautés locales. Ces établissements seront conçus pour répondre aux besoins du marché et pour favoriser l’innovation.
En offrant une éducation de qualité, nous visons à réduire les inégalités d’accès à la connaissance et à créer un environnement propice au développement économique. Les jeunes formés dans ces écoles auront la possibilité de développer des compétences techniques qui sont essentielles dans l’économie moderne, ce qui stimulera l’entrepreneuriat et la création d’emplois.
L’impact escompté est double : d’une part, nous formons des migrants qui peuvent contribuer à l’économie européenne, et d’autre part, nous fournissons aux communautés locales les compétences nécessaires pour évoluer dans un monde de plus en plus technologique. Ce modèle peut créer un effet d’entraînement qui bénéficie à l’ensemble de la société.
Belkis Bouali : Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes migrants qui aspirent à une vie meilleure en Europe ?
Pr.Luciano Lo Celso : À ces jeunes, je voudrais dire qu’ils ont un potentiel immense. Il est crucial qu’ils croient en leurs compétences et en leur capacité à créer un avenir meilleur. Je les encourage à saisir toutes les opportunités de formation et de développement qui se présentent à eux.
Le chemin peut être difficile et parsemé d’obstacles, mais avec de la détermination, de l’engagement, et le soutien des programmes comme « L’Africana », ils peuvent non seulement réussir à s’intégrer dans leurs nouvelles sociétés, mais aussi jouer un rôle clé dans le développement de leurs pays d’origine. En travaillant dur et en cultivant leurs talents, ils peuvent devenir des leaders et des modèles pour les générations futures.
Belkis Bouali : Merci beaucoup, Professeur Lo Celso, pour ces éclaircissements et pour votre engagement envers le développement du continent africain et la gestion des migrations. Votre vision est inspirante et nous espérons voir des résultats concrets bientôt.
Pr.Luciano Lo Celso : Merci, Mme Bouali. C’est un plaisir de partager ces idées avec vous. Je suis convaincu que, ensemble, nous pouvons œuvrer pour un avenir meilleur pour l’Afrique et ses migrants.

