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Zéro décès: l’ATR relève le défi HSS d’une « route qui pardonne »

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Le 30 avril 2026,l’Association Tunisienne des Routes (ATR) a consacré une rencontre aux enjeux HSS et à la sécurité routière sur les chantiers, réunissant dès 13h30 à la cité des sciences. cadres du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, ingénieurs, responsables HSE, universitaires, étudiants et professionnels du secteur.

Très vite, les échanges ont dépassé le cadre purement technique: derrière les normes, les procédures et les infrastructures, c’est la question de la responsabilité humaine qui s’est imposée au cœur du débat.

Le mot d’ouverture a été assuré par Lilia Sifaoui, présidente de l’Association Tunisienne des Routes et directrice générale de l’unité de gestion du nouveau pont de Bizerte. Présentant l’ATR, créée en 2018, ellea rappelé le travail mené par l’association en étroite collaboration avec le
ministère de l’Équipement et de l’Habitat autour des enjeux liés aux infrastructures et à la sécurité routière. Elle a également salué l’engagement constant du ministère en faveur de ces mêmes priorités.

Au fil des interventions, le HSS (Health, Safety and Security) s’est imposé comme une composante désormais incontournable dans la conduite des grands projets d’infrastructure.

Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de dépasser une perception encore répandue selon laquelle les exigences de sécurité freineraient l’avancement des travaux ou pèseraient sur la rentabilité des projets. À l’inverse, la maîtrise des standards HSS apparaît aujourd’hui comme un indicateur de crédibilité, de gouvernance et de performance pour les entreprises comme pour les institutions publiques.

Intervenant à son tour, Eya Soueb, sous-directrice au ministère de l’Équipement et de l’Habitat et membre de l’ATR, est revenue sur les normes ISO ainsi que sur les défis liés à leur application sur le terrain. Elle a rappelé qu’aucune politique de prévention ne pouvait produire de résultats sans une coordination réelle entre promoteurs, entreprises et autorités publiques. À ce stade il a été question d’échanger avec l’audience, sur le fait que les bailleurs de fonds exigent la conformité aux normes internationales de sécurité routière et sur les chantiers, comme conditions pour investir dans les projets. Car le vrai problème des bailleurs de fonds est le souci de protéger et éviter le risque de toucher à leurs réputations.. Lors de cette intervention, Eya Soueb, a exposé aussi les problèmes des retards de décaissement, et sur le fait de recruter afin de former. Eln effet elle a insisté sur l’importance de la sensibilisation continue de l’ensemble des acteurs du secteur, anciens comme nouveaux.

Dans une salle particulièrement attentive, les discussions ont ensuitequitté le terrain des référentiels techniques pour aborder une réalité plus lourde: celle des drames humains provoqués par les défaillances en matière de sécurité.

L’intervention de Ahmed Ksentini, expert en sécurité routière et universitaire, a marqué l’assistance par son ton direct et profondément humain. Evoquant les morts sur les routes comme un véritable fléau, il a regretté que ces décès soient encore perçus comme une fatalité. « Quand on veut, on peut « , a-t-il affirmé, rappelant qu’une route sécurisée relève avant tout d’un droit humain fondamental. Dans cette logique, l’objectif
du « zéro décès  » ne doit pas être considéré comme un slogan institutionnel, mais comme une exigence absolue: une seule vie perdue représente déjà une perte immense. Il a également plaidé pour une meilleure intégration des questions de sécurité dans les parcours universitaires destinés aux futurs professionnels
du secteur.

Lors d’un échange avec une audience attentive et engagée, une réflexion s’est faite sur les causes des accidents sur les chantiers et parmi les pistes évoquées figurent notamment le renforcement des contrôles sur les chantiers, la délivrance rigoureuse des certificats de conformité avant le démarrage des travaux ainsi que la mise à disposition, par les entreprises,du matériel adéquat pour les grands projets.

De son côté, Arij Naili, chef de service à l’unité de réalisation du pont de Bizerte, a évoqué plusieurs causes d’accidents liées à la non-conformité sur les chantiers. Revenant sur le décès de la victime, survenu suite à un accident qui a eu lieu le 20 mars 2023 à la suite d’une mauvaise gestion des conditions de sécurité sur un chantier, son intervention a rappelé avec gravité les conséquences concrètes des défaillances humaines et organisationnelles. Elle a notamment souligné que, malgré les procédures existantes, le principal défi reste souvent lié au comportement humain et au
respect effectif des règles de sécurité, aussi bien chez certains ouvriers que chez certains responsables hiérarchiques. Selon elle, l’enjeu ne se limite plus à l’application des textes, mais repose également sur l’installation d’une véritable culture de responsabilité au sein des entreprises et des spécialistes de terrain.

La dimension réglementaire a également occupé une place importante dans les discussions tout en proposant l’établissement d’un guide applicatif.

Khaled Sioud, ingénieur en génie civil et expert HSS, a insisté sur la nécessité de disposer de textes plus précis afin de mieux encadrer les sanctions liées aux manquements en matière de sécurité.

Revenant sur un principe désormais central dans les politiques modernes de sécurité routière, il a rappelé que << la route doit pardonner », Selon lui, il ne s’agit pas uniquement d'un problème d'inattention du piéton, mais également des circonstances et de l’environnement dans lesquels évolue l’usager. L'infrastructure doit donc être pensée de manière à réduire autant que possible les conséquences de l'erreur humaine.

Au terme des échanges, une idée s’est imposée avec clarté: la sécurité ne peut plus être traitée comme un simple volet technique ajouté en fin de projet. Elle implique des moyens matériels adaptés, un budget clair préétabli dans les bordereaux afin d’éviter les déficits budgétaires, des contrôles rigoureux, une responsabilité partagée entre institutions et entreprises ainsi qu’une vision durable de la prévention.

La rencontre s’est achevée à 17h autour d’un moment d’échange convivial. Mais au-delà des discussions techniques et institutionnelles, une conviction commune semblait dominer les débats la modernisation des infrastructures ne peut plus être dissociée de la protection de la vie
humaine.

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