Prétoria – Les nouvelles mesures douanières américaines font trembler les exportateurs africains. Depuis le 1ᵉʳ août, l’administration Trump applique des droits de douane pouvant atteindre 30 % sur certains produits venus d’Afrique. L’Afrique du Sud, principal partenaire commercial du continent avec les États-Unis, est particulièrement touchée.
Des secteurs stratégiques visés
Les hausses tarifaires concernent en priorité l’automobile, l’acier et plusieurs produits agricoles. Pour l’Afrique du Sud, il s’agit d’un coup dur : près de 100 000 emplois pourraient être menacés, selon les estimations de la Banque centrale sud-africaine. L’accord commercial AGOA, qui offrait un accès préférentiel au marché américain, perd ainsi une grande partie de son intérêt.
Des négociations sans résultat
Depuis plusieurs mois, le président Cyril Ramaphosa et son ministre du Commerce, Parks Tau, tentent de convaincre Washington d’accorder une exemption. Pretoria a proposé d’augmenter ses investissements aux États-Unis et d’acheter davantage de gaz naturel liquéfié américain. Mais les discussions n’ont pas permis de modifier la décision.
Un plan d’urgence pour les exportateurs
Face à l’urgence, le gouvernement sud-africain a lancé un « Export Support Desk », un guichet unique pour aider les entreprises touchées à identifier de nouveaux marchés et à adapter leurs stratégies. Un plan d’aide spécifique aux secteurs les plus vulnérables, comme l’agriculture et l’industrie automobile, est également en préparation.
Un impact continental
Si l’Afrique du Sud est la plus exposée, d’autres pays subissent aussi les effets de la décision américaine. Le Lesotho, dont l’économie repose en grande partie sur le textile à destination des États-Unis, a déjà vu plusieurs usines fermer. À l’inverse, des pays comme le Kenya ou l’Égypte, moins ciblés, bénéficient de taux plus faibles, mais restent prudents quant à l’avenir.
Diversifier pour survivre
Pour de nombreux analystes, cette crise souligne la nécessité pour les économies africaines de diversifier leurs débouchés et de renforcer le commerce intra-africain, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). « C’est un choc, mais aussi une opportunité pour repenser notre position dans le commerce mondial », estime un économiste basé à Johannesburg.



